Cycle scandinave


Les Scandinaves jouissent d’une histoire littéraire et artistique extrêmement riche et singulière. Les terres du Nord abritent des paysages d’une inéluctable beauté qui appellent à la mélancolie et à l’introspection, formant ainsi le lieu idéal pour une littérature parfois désenchantée, mais qui sait dévoiler, avec finesse et humanité, les plus infimes variations des tourments de l’Homme. Les noms d’Ibsen et de Strinberg nous viennent instinctivement en tête ; frères rivaux et pionniers d’une dramaturgie qui jouit encore aujourd’hui d’une inaltérable modernité. En Scandinavie, l’art et la culture sont essentiels au développement collectif et individuel. Depuis son émergence, le théâtre a participé intelligemment à l’établissement d’une identité nationale, théâtrale et politique. Toutefois, depuis les deux dernières décennies, de nouvelles pratiques plus marginales et davantage pluridisciplinaires semblent vouloir se détacher de l’esthétique « socio-réaliste » auquel s’est particulièrement associé le théâtre en Scandinavie.

Derniers espoirs d’une société égalitaire, sereine et prospère, les pays scandinaves nous apparaissent aujourd’hui comme les derniers territoires inébranlables face à la virulente déroute occidentale. Il est vrai que, durant cette époque particulièrement tourmentée que fut le XXe siècle, ces pays nordiques ont incarné le symbole de la réussite démocratique grâce à leur très grande stabilité politique et sociale. Reste à savoir si à l’ère de la mondialisation et du pluralisme culturel, les Scandinaves sauront encore garder cette réputation face aux défis que leur tendra le XXIe siècle. Mais que connaissons-nous réellement des peuples scandinaves mis à part leur modèle Ikea, leurs indomptables paysages, leurs démocraties exemplaires, leur système d’éducation irréprochable ou encore, leurs innovations en matière de design, d’architecture et d’environnement ? Pourquoi, à l’heure actuelle, nos yeux rêveurs se rivent-ils sur ces pays du Nord ? Espérons-nous trouver en leurs idéologies et leurs innovations une terre d’accueil pour notre rêve démocratique ? Pour le moment, disons-nous que le regard porté à l’égard de cette terre promise se fait assurément à travers le prisme de nos idéaux et de nos lieux communs, mais aussi, peut-être, à travers celui de nos erreurs passées.

À l’heure actuelle, aborder la question de notre nordicité commune grâce à un aller-retour Québec-Scandinavie, c’est soulever d’emblée la question identitaire québécoise, mais cette fois en la liant de manière intime aux territoires nordiques que nous habitons : enjeu de notre Québec contemporain. Ce prochain cycle du Théâtre de l’Opsis est donc une manière d’avoir cette conversation en dehors de nos lieux communs, à l’extérieur de nos frontières géopolitiques, dans un espace autre, celui du théâtre.


AN 1 | 2015-2016
Découvrir la dramaturgie d’ailleurs

2015 | Bientôt viendra le temps

Un texte de Line Knutzon, traduit du danois par Catherine Lise Dubost | Mise en scène Luce Pelletier | Distribution : Caroline Bouchard, Anne-Catherine Choquette, Pierre-François Legendre, Daniel Parent, Catherine Proulx-Lemay, Adèle Reinhardt | Collaborateurs : Claire L’Heureux (ass. m.e.s et régie) Olivier Landreville (décors) Julie Breton (costumes) Catherine Gadouas (musique) Mathieu Marcil (Éclairages) Angelo Barsetti (maquillages et coiffures) Maryline Gagnon (dir. tech et dir. prod)

Présenté à l’Espace GO du 17 novembre au 12 décembre 2015

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2016 | Cinq metteures en scène d’ici vous font découvrir le théâtre d’ailleurs

Mises en lecture Marie-Ève Huot, Geneviève L. Blais, Solène Paré, Luce Pelletier, Talia Hallmonat | Distribution Micheline Bernard, Claude Despins, Rachel Graton, Francis-William Rhéaume, Alexandre Bergeron, Vincent Côté, Catherine-Amélie Côté, Sylvie de Morais, Danielle Proulx, Audrey-Ann Tremblay, Daniel Brière, Guillaume Gauthier, Dominique Leduc, Myriam Debonville, Myriam Sophie Deslauriers, Antoine Durand, Martin Héroux, Caroline Lavigne, Isabelle Miquelon, François Ruel-Côté, Mani Soleymanlou, Sounia Balha, Matthieu Girard et Marilyn Perreault. 

Présenté en partenariat avec la Maison de la Culture du Plateau-Mont-Royal au printemps 2016

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AN 2 | 2016-2017
Redécouvrir les classiques

2016 | Clara

 

Un texte d’Anne Hébert. Création pour la scène de Pierre-Yves Lemieux  | Mise en scène par Luce Pelletier  | 

Distribution : Émilie Bibeau, François-Xavier Dufour, Alice Moreault et Étienne Pilon  | 

Claire L’Heureux (ass. m.e.s et régie), Mélanie Demers (chorégraphie), Olivier Landreville (décors), Julie Breton (costumes), Catherine Gadouas (musique), Jocelyn Proulx (éclairages), Maryline Gagnon (dir. prod)

Présenté à l’Espace GO du 6 septembre au 1er octobre 2016

2017 | Peer Gynt

Texte Henrik Ibsen |  Adaptation et mise en scène  Olivier Morin.

Distribution  Christophe Baril, Émilie Bibeau, Kim Despatis, Sébastien Dodge, Steve Gagnon, Caroline Lavigne, Olivier Morin et Guillaume Tremblay | 
Nicolas Dubois (ass. m.e.s et régie), Julie Breton (costumes), Olivier Landreville (consultant décor),    Marie-Aube Saint-Amant Duplessis (éclairages), Navet Confit (musique), Maryline Gagnon (dir. prod.), Mathilde Aubertin (stagiaire à la dramaturgie)

Présenté au Théâtre de Quat’Sous du 30 janvier au 19 février 2017

Envisager de porter les œuvres dramatiques scandinaves d’hier et d’aujourd’hui sur notre scène québécoise, c’est d’abord se confronter à une tradition artistique vieille de plus de cinq siècles et héritière d’une littérature extrêmement foisonnante qui a su se démarquer brillamment de par le monde et à travers le temps. C’est aussi, dans un même élan, s’engager à chercher derrière les mots, parfois poétiques, parfois comiques ou des plus quotidiens, les fantômes, les rêves, les préoccupations et surtout la vision du monde de ces peuples nordiques. Ainsi, en se tournant vers la Scandinavie, le Théâtre de l’Opsis désire accueillir les paysages du Nord et ses déclinaisons politiques, sociales et culturelles. Depuis déjà vingt ans, le passage par les dramaturgies étrangères grâce à des cycles d’une durée de quatre années permet de repenser, de bouleverser et de transformer la pratique artistique de la compagnie.

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