«Je suis à Tonezza del Cimone. Dans les montagnes.»

«Je suis à Tonezza del Cimone. Dans les montagnes.»
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Je suis à Tonezza del Cimone, un village d’un peu plus de 500 habitants dans le nord-est de l’Italie. Dans les montagnes. Température printanière. Le soleil brille, la neige fond doucement.

La directrice artistique de Minimal Immoralia, Marta Dalla Via, habite le village. Femme formidable à l’imagination fertile et à l’énergie sans faille. On collabore pour créer une version italienne de Monsieur Smytchkov, un texte de Pierre-Yves Lemieux. J’ai volontairement choisi un texte québécois que je connaissais bien. Il ne me fallait pas douter pour diriger un acteur qui parle italien. Déjà, même en connaissant bien les mots de la pièce, je dois me concentrer afin de comprendre les finesses de son interprétation.

Je travaille avec les acteurs comme à mon habitude. J’ai analysé le texte et je sais où je veux mener le projet, mais je mise d’abord sur l’énergie et les émotions des interprètes pour façonner leurs personnages. Le défi est donc de taille quand l’unique interprète d’un spectacle ne parle qu’italien. Facile de se laisser bercer par la langue.

Diego Dalla Via, l’interprète de ce Signor Smytchkov, est très différent de François L’Écuyer, qui avait créé le personnage en 2000.

Sa proposition est plus aérienne. Son rapport avec les spectateurs est plus cynique aussi, moins bon enfant. Ça se peut. Ses arguments quand je le questionne ou que je veux l’amener ailleurs sont aussi bien étayés. Nos discussions sont vives malgré la barrière de la langue. Dommage, il ne saura jamais que je peux aussi être très drôle quand je dirige un acteur!

La rencontre avec le concepteur de son et d’éclairage, Roberto Di Fresco, est tout aussi dépaysante. Je débarque dans le quotidien de ces gens. Ils ont d’autres boulots à faire. Infatigables, dans leur genre; ils prennent le temps de manger calmement malgré toutes les tâches à accomplir. Roberto travaille de l’aube jusqu’à très tard le soir. Je le rencontre vers 17h. On travaille à accorder mes besoins et les exigences de sa création. Lui aussi ne parle qu’italien. On se comprend à demi-mot, on se sourit beaucoup et ça avance rapidement.

Ce matin, il s’est joint au travail d’interprétation avec Diego. Un peu plus tard, il fera l’accrochage de l’éclairage au théâtre. Ils font tout ici! La directrice artistique, Marta Dalla Via, sera de la partie avec Roberto et Diego, de même que quelques personnes du village. Ça fait du bien de se dépayser dans le travail. De prendre le temps de ne faire qu’une chose et de se laisser amener ailleurs.

Lundi, ce sera l’entrée en salle.

Bon, on m’a prévenue: le théâtre n’est pas chauffé. Déjà, dans l’appartement où j’habite, qui est soi-disant chauffé, je me promène chiquement avec mes combines et mes bas de laine. Il fait plus chaud à l’extérieur sous le soleil que dans la maison. Je me prépare au pire pour l’entrée en salle. J’ai plusieurs épaisseurs de vêtement en réserve. Si j’ai le courage, je vous enverrai des photos… Disons que je ne me prépare pas à une première en tenue légère!

Ciao,

Luce

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